Qui on est...
Vaste programme, n'est ce pas ?
Cycliquement, j'en reviens à cette question, qui est ce que je suis, en fait ?
Cela ne vient pas de ma super maladie de bipolaire mais de la réelle question, qui suis je en connaissant l'historique de ma conception.
Car il faut savoir que je suis une enfant illégitime naturelle. Ca c'est le terme officiel et légal. Pour la traduction, je suis une bâtarde à l'ancienne.
Je ne vais pas revenir sur tous les détails parce que si je le faisais, certains auraient le bon goût de juger mes parents et de trouver ce qu'ils ont fait ignominieux. Et ça reste mes parents, quoi qu'on en dise et bon, j'aime pas qu'on puisse les "insulter".
Toujours est-il que je n'ai appris qu'à dix ans l'infâme vérité. Et ceux concernés aussi, par la même occasion.
Merci pour l'adolescence. Déjà qu'à cet âge là, on est en pleine crise d'identité, je vous explique pas ce qu'il s'est passé dans ma tête durant ces années...
Et ça dure encore aujourd'hui. Mon père biologique est mort quand j'avais quinze ans. Cela faisait déjà deux ans que nous ne nous parlions plus. Je l'ai juste vu un mois avant sa mort. Nous avons essayé de nous dire l'essentiel. Mais à quinze ans, qu'est ce qu'on connaît des vraies questions de la vie ?
Enfin bref, je ne vais pas verser dans le misérabilisme parce que de toute façon, je ne me sens pas misérable. Juste perplexe.
Plus de dix ans après la mort de mon père, je me demande encore qui il était. De son vivant, nos relations étaient très tendues et ce qu'il m'a fait, je ne peux faire la paix avec. Pendant longtemps, pour moi, ce n'était pas quelqu'un de bien. Et puis finalement, j'en viens à cette conclusion : il était peut-être quelqu'un de bien ou pas mais il n'aurait jamais dû être père.
Ceux qui m'en parlent me le décrivent comme quelqu'un d'exceptionnel. Une seule personne m'a dit qu'elle l'avait trouvé antipathique. Mais qu'à chaque fois qu'elle pensait à moi, elle revoyait l'image de cet homme assez grand, carré d'épaules, colérique et fort contre la vie. Qu'elle ne s'en faisait jamais pour moi parce que j'ai hérité de cette force intérieure et que je me relèverais à chaque fois.
Mais sinon, dans l'ensemble, il est porté aux nues.
Quand je l'ai connu, il avait déjà son cancer qui lui rongeait le cerveau. Mais ça, on ne le savait pas encore. C'est moi qui en a fait les frais.
Il ne m'a jamais reconnue. Je porte le nom d'un homme que j'appelle Papa et qui a toujours été un papa pour moi. Pas un père.
En fait, j'avais plus ou moins fait mon deuil de toute cette histoire et j'avais décidé de me forger moi-même mon existence, sans me baser sur mes racines branlantes. Mais quelque part, c'est tourner le dos au vrai problème.
Avec Gabriel à la maison, je suis de nouveau confrontée à tout cet embroglio.
Il viendra un jour où Gabriel demandera qui sont ses vrais parents. Parce qu'il aura besoin de savoir. Ses parents d'adoption se sont préparés à cette éventualité et ont essayé de recueillir toutes les informations nécessaires à sa futur quête.
Et moi, grande soeur, qu'est ce que je vais lui dire ?
"Tes vrais parents sont ceux que ton coeur a choisi." Ah la belle phrase que voilà !!! Elle est bien pratique, n'est ce pas ?
Comment pourrais je lui dire ça alors que moi-même, je n'y crois pas ?
Non, je l'encouragerais à rencontrer ses vrais parents et à leur demander des comptes. Ou pas. Je ne sais pas.
Pour ma part, je songe sérieusement à faire un voyage sur les traces de mon père. Je voudrais parler aux gens qui l'ont connu. Ses amis que je n'ai connu que très furtivement, il y a longtemps. Je voudrais qu'ils me parlent de qui il était et pourquoi ils ont été amis avec lui. Pas pour leur jeter au visage qui il a été avec moi, non. Mais pour comprendre, pour savoir qui je suis.
Car je suis le sosie féminin de mon père. Mon visage est le sien. Mes façons de faire sont à lui. Même ma façon de parler. Et même mon passé qui ressemble étrangement au sien avec les mêmes événements...
Ma mère en parle avec moi parfois. Mes ses yeux sont ceux de l'amour. Ma grand-mère me parlait de lui. Mais elle aussi avait les yeux de l'amour. Je voudrais juste qu'on me parle de lui avec objectivité.
Quelque part, c'est essayer de savoir jusqu'à quel point j'hérite de mes parents et à partir de quel point ce que je suis est à moi uniquement.
Je sais ce que je tiens de ma mère puisque j'ai assez vécu avec elle pour le savoir. Mais de Lui, je ne sais pas...
Au final, est-ce bien important ?
Là encore, je n'ai pas de réponses. Je ne le saurais sans doute qu'après avoir fait le voyage. Je réaliserais soit que j'ai perdu mon temps à chasser des fantômes, soit que je me suis trouvée.
Des fois, on voyage dans le monde pour se rendre compte qu'on avait la réponse sous nos yeux à la maison. Mais sans ce voyage, l'aurait on su ?
Trop de questions dans cette caboche qu'est la mienne.
Cycliquement, j'en reviens à cette question, qui est ce que je suis, en fait ?
Cela ne vient pas de ma super maladie de bipolaire mais de la réelle question, qui suis je en connaissant l'historique de ma conception.
Car il faut savoir que je suis une enfant illégitime naturelle. Ca c'est le terme officiel et légal. Pour la traduction, je suis une bâtarde à l'ancienne.
Je ne vais pas revenir sur tous les détails parce que si je le faisais, certains auraient le bon goût de juger mes parents et de trouver ce qu'ils ont fait ignominieux. Et ça reste mes parents, quoi qu'on en dise et bon, j'aime pas qu'on puisse les "insulter".
Toujours est-il que je n'ai appris qu'à dix ans l'infâme vérité. Et ceux concernés aussi, par la même occasion.
Merci pour l'adolescence. Déjà qu'à cet âge là, on est en pleine crise d'identité, je vous explique pas ce qu'il s'est passé dans ma tête durant ces années...
Et ça dure encore aujourd'hui. Mon père biologique est mort quand j'avais quinze ans. Cela faisait déjà deux ans que nous ne nous parlions plus. Je l'ai juste vu un mois avant sa mort. Nous avons essayé de nous dire l'essentiel. Mais à quinze ans, qu'est ce qu'on connaît des vraies questions de la vie ?
Enfin bref, je ne vais pas verser dans le misérabilisme parce que de toute façon, je ne me sens pas misérable. Juste perplexe.
Plus de dix ans après la mort de mon père, je me demande encore qui il était. De son vivant, nos relations étaient très tendues et ce qu'il m'a fait, je ne peux faire la paix avec. Pendant longtemps, pour moi, ce n'était pas quelqu'un de bien. Et puis finalement, j'en viens à cette conclusion : il était peut-être quelqu'un de bien ou pas mais il n'aurait jamais dû être père.
Ceux qui m'en parlent me le décrivent comme quelqu'un d'exceptionnel. Une seule personne m'a dit qu'elle l'avait trouvé antipathique. Mais qu'à chaque fois qu'elle pensait à moi, elle revoyait l'image de cet homme assez grand, carré d'épaules, colérique et fort contre la vie. Qu'elle ne s'en faisait jamais pour moi parce que j'ai hérité de cette force intérieure et que je me relèverais à chaque fois.
Mais sinon, dans l'ensemble, il est porté aux nues.
Quand je l'ai connu, il avait déjà son cancer qui lui rongeait le cerveau. Mais ça, on ne le savait pas encore. C'est moi qui en a fait les frais.
Il ne m'a jamais reconnue. Je porte le nom d'un homme que j'appelle Papa et qui a toujours été un papa pour moi. Pas un père.
En fait, j'avais plus ou moins fait mon deuil de toute cette histoire et j'avais décidé de me forger moi-même mon existence, sans me baser sur mes racines branlantes. Mais quelque part, c'est tourner le dos au vrai problème.
Avec Gabriel à la maison, je suis de nouveau confrontée à tout cet embroglio.
Il viendra un jour où Gabriel demandera qui sont ses vrais parents. Parce qu'il aura besoin de savoir. Ses parents d'adoption se sont préparés à cette éventualité et ont essayé de recueillir toutes les informations nécessaires à sa futur quête.
Et moi, grande soeur, qu'est ce que je vais lui dire ?
"Tes vrais parents sont ceux que ton coeur a choisi." Ah la belle phrase que voilà !!! Elle est bien pratique, n'est ce pas ?
Comment pourrais je lui dire ça alors que moi-même, je n'y crois pas ?
Non, je l'encouragerais à rencontrer ses vrais parents et à leur demander des comptes. Ou pas. Je ne sais pas.
Pour ma part, je songe sérieusement à faire un voyage sur les traces de mon père. Je voudrais parler aux gens qui l'ont connu. Ses amis que je n'ai connu que très furtivement, il y a longtemps. Je voudrais qu'ils me parlent de qui il était et pourquoi ils ont été amis avec lui. Pas pour leur jeter au visage qui il a été avec moi, non. Mais pour comprendre, pour savoir qui je suis.
Car je suis le sosie féminin de mon père. Mon visage est le sien. Mes façons de faire sont à lui. Même ma façon de parler. Et même mon passé qui ressemble étrangement au sien avec les mêmes événements...
Ma mère en parle avec moi parfois. Mes ses yeux sont ceux de l'amour. Ma grand-mère me parlait de lui. Mais elle aussi avait les yeux de l'amour. Je voudrais juste qu'on me parle de lui avec objectivité.
Quelque part, c'est essayer de savoir jusqu'à quel point j'hérite de mes parents et à partir de quel point ce que je suis est à moi uniquement.
Je sais ce que je tiens de ma mère puisque j'ai assez vécu avec elle pour le savoir. Mais de Lui, je ne sais pas...
Au final, est-ce bien important ?
Là encore, je n'ai pas de réponses. Je ne le saurais sans doute qu'après avoir fait le voyage. Je réaliserais soit que j'ai perdu mon temps à chasser des fantômes, soit que je me suis trouvée.
Des fois, on voyage dans le monde pour se rendre compte qu'on avait la réponse sous nos yeux à la maison. Mais sans ce voyage, l'aurait on su ?
Trop de questions dans cette caboche qu'est la mienne.
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