Coup de gueule du matin
Alors, voilà.
Merci famille et amis IRL pour votre soutien immodéré dans l'écriture... Ah oui, merci bien !
Quand j'ai déclaré mon intention de lacher le travail pour vraiment me donner une chance dans le monde des auteurs, tout le monde s'est exclamé :"Oh, que tu as du courage ! Vraiment, bonne chance, je suis sûre que tu vas y arriver". Jusque là tout va bien...
Puis commencent les critiques... Je ne citerais personne mais la réflexion "Tu rêves ma petite. Si tu crois que tu peux vivre de ta plume, c'est vraiment du fantasme..." j'ai envie de répondre : ben ouais, j'y crois. J'ai pas la prétention d'être la nouvelle JK Rowling ou Tolkien mais ouais, je crois en moi. Et puis si j'essaye pas, je saurais jamais, hein...
Ensuite, ça continue par des attitudes qui me font rugir.
Parce que je travaille de chez moi, on croit que j'ai le temps, que je ne me fatigue pas à la tâche... Par conséquent, en fait, je suis une feignasse.
Je rappelle à mes chers amis, juste pour information et comme le dit si bien ma maman (elle au moins, elle a une confiance absolue en moi), écrire c'est accoucher de ses tripes. Et quand je parle d'accoucher, ce n'est pas un mot en l'air... Après avoir passé six heures d'affilé sur mon écran à produire de l'imaginaire, à tapoter jusqu'à ce que mes poignets fassent mal et avoir les yeux qui piquent, ben ouais, je suis éclatée et crevée.
C'est pas parce que je ne me lève pas aux aurores pour aller dans un bureau avec des collègues que je n'ai pas envie de voir que je ne fais que me tourner les pouces.
Alors les réflexions du genre : "Ouais, je sais, on avait rendez vous mais en fait, j'ai pris du retard à cause du taf donc on reporte notre sortie ok ? Toi, de toute façon, tu as le temps, toi, non ?"... Heu, comment dire ? Ben pardon mais non, j'ai pris mes dispositions pour être disponible, j'ai rangé l'ordi alors que j'avais encore des tas de choses en tête à mettre sur le papier, je me suis rendue accessible pour toi alors que je n'en avais pas forcément le temps... Mais non. Comprenez : j'écris, je suis une artiste alors je ne me fatigue pas, moi...
Quand Mr Kejik rentre et me trouve sur un jeux flash parce qu'après quinze pages d'écriture, j'ai besoin de me détendre un peu sur un truc con et qui ne demande pas beaucoup de neurones et que je me prends une tirade du genre "Et qu'est ce que t'as fait aujourd'hui, à part jouer à des jeux débiles ?"... Ah ben mille excuses ô bosseur si important, j'ai juste fait la vaisselle, préparé à manger, étendu le linge, remis une machine en route, sorti les poubelles et écrit toute l'après-midi... J'ai peut-être droit à une pause, non ?
Alors oui, j'ai l'opportunité de me lever à l'heure que je veux et de me coucher quand je veux... Mais après une bonne session d'écriture, je vous assure que la première chose que j'ai envie de faire c'est de dormir. Dormir et me lever tôt le lendemain, parce que j'ai toujours une tonne de choses à faire et que mon bouquin va pas s'écrire tout seul.
J'adore aussi les réflexions du genre : "Comment ça tu débranches le téléphone pour pouvoir bosser ? Ben c'est sympa, merci. Faut le dire qu'on te gêne !". Quand je travaille dans un bureau avec un patron et tout le tremblement, là par contre, ça vous embête pas de pas pouvoir m'appeler, hein... C'est normal, même. Après tout, faut bien que je justifie mon salaire...
Bref, merci à tous ceux qui me font sentir que dès qu'on part d'un travail conventionnel, on est tout de suite des branleurs...
Dans la réalité, voici comment ça se présente : je n'ai pas beaucoup d'amis et pour la plupart, ils sont aux quatre coins de la France, pas vraiment disponibles. Alors côté social, j'ai que le téléphone et une rare amie sur place qui bosse dur, elle. Forcément, après avoir passé ma journée seule à la maison à plancher, j'ai un minimum envie de papoter... Mais personne n'est vraiment dispo, n'est ce pas...? (Attendez, je rectifie une petite chose : j'ai quand même certaines amies qui sont géniales et toujours prêtes à répondre à mes coups de fil. Ne serait-ce que pour ça, merci les filles, vous au moins, vous êtes des gens bien) Après avoir accompli mes tâches ménagères, je m'occtroie de bonnes sessions d'écriture d'où je ressors éclatée, comme dit précédement, avec un mal de tronche que même les Nurofens ne font pas passer. J'accouche de mon bébé dans la sueur et la douleur. Vous vous rendez compte de la pression que ça veut dire ? Ca veut dire que je sors une histoire du fin fond de moi-même et qu'une fois qu'elle sera terminée, je vais m'exposer à la critique par des gens qui en ont rien à foutre des risques que j'ai pris... Qu'est ce que ça peut leur faire que je vis avec à peine 800 euros par mois et que si je ne suis pas publiée, j'ai de sérieuses remises en question à faire niveau professionnel ? Qu'est ce qu'ils en ont à branler que je peux très bien perdre mes droits assedic uniquement pour vivre mon rêve ?
Mais non, ça, personne ne le voie. Quand je me met subitement à pleurer parce que je suis crevée, que je me sens seule et que mon bébé, je le porte à bout de bras dans les flots et que j'ai peur, que mon ordinateur a planté me faisant perdre cinq pages irrécupérables ( j'ai bien un système de restauration et heureusement parce que qinon, c'était plus), que je me couche avec les yeux rouges et la tête qui cogne comme un marteau piqueur mais que le lendemain, on remet ça, quelqu'un en a quelque chose à cirer ? Ben non.
Dans "Ecriture", King (ô maître !) parle des nombreuses angoisses qu'un auteur peut avoir pendant son voyage... Ha ben oui, ça je les sens bien les angoisses...
Alors oui, j'ai choisi cette voie là et j'en suis fière. C'est dur mais au moins, j'ai le courage d'avancer. J'apprécie chaque moment du trip, même si le prix à payer me fait courber l'échine... Et pour tous ceux qui croient que c'est facile et peu contraignant, voici un message bien pensé : je vous emmerde.
Désolée pour ce coup de gueule, fallait que ça sorte.
Sinon, ça va bien, je garde courage et je continue à bosser dur. Le texte avance bien, bien qu'en dents de scie parce qu'il y a des moments où l'histoire peine un peu et que je n'arrive pas à m'y mettre mais sinon, j'en suis à peu près à la moitié. Ca m'épate parce que je me donnais trois mois mais je vois qu'en l'espace de trois semaines, j'ai fait 40% du boulot. (Ben oui, encore 40% pour écrire la fin et 20% pour placer mon texte et faire en sorte qu'il se vende...)
Je me prends déjà à rêver que ce sera un best-seller parce que si je commence à me dire que je ne serais pas publiée, je n'y arriverais pas... Et il est hors de question que je puisse donner raison à tous ces gens que j'adore mais qui me ruinent le moral parce que si à la fin, je ne suis pas publiée, je crois que je ne supporterais pas les réflexions "Je te l'avais bien dit" "Tu vas peut-être te mettre à bosser pour de vrai maintenant ?" et autres vacheries du genre... Au moins, ces critiques auront du bon : me donner la hargne d'y arriver !
Always look on the bright side of life...
Merci famille et amis IRL pour votre soutien immodéré dans l'écriture... Ah oui, merci bien !
Quand j'ai déclaré mon intention de lacher le travail pour vraiment me donner une chance dans le monde des auteurs, tout le monde s'est exclamé :"Oh, que tu as du courage ! Vraiment, bonne chance, je suis sûre que tu vas y arriver". Jusque là tout va bien...
Puis commencent les critiques... Je ne citerais personne mais la réflexion "Tu rêves ma petite. Si tu crois que tu peux vivre de ta plume, c'est vraiment du fantasme..." j'ai envie de répondre : ben ouais, j'y crois. J'ai pas la prétention d'être la nouvelle JK Rowling ou Tolkien mais ouais, je crois en moi. Et puis si j'essaye pas, je saurais jamais, hein...
Ensuite, ça continue par des attitudes qui me font rugir.
Parce que je travaille de chez moi, on croit que j'ai le temps, que je ne me fatigue pas à la tâche... Par conséquent, en fait, je suis une feignasse.
Je rappelle à mes chers amis, juste pour information et comme le dit si bien ma maman (elle au moins, elle a une confiance absolue en moi), écrire c'est accoucher de ses tripes. Et quand je parle d'accoucher, ce n'est pas un mot en l'air... Après avoir passé six heures d'affilé sur mon écran à produire de l'imaginaire, à tapoter jusqu'à ce que mes poignets fassent mal et avoir les yeux qui piquent, ben ouais, je suis éclatée et crevée.
C'est pas parce que je ne me lève pas aux aurores pour aller dans un bureau avec des collègues que je n'ai pas envie de voir que je ne fais que me tourner les pouces.
Alors les réflexions du genre : "Ouais, je sais, on avait rendez vous mais en fait, j'ai pris du retard à cause du taf donc on reporte notre sortie ok ? Toi, de toute façon, tu as le temps, toi, non ?"... Heu, comment dire ? Ben pardon mais non, j'ai pris mes dispositions pour être disponible, j'ai rangé l'ordi alors que j'avais encore des tas de choses en tête à mettre sur le papier, je me suis rendue accessible pour toi alors que je n'en avais pas forcément le temps... Mais non. Comprenez : j'écris, je suis une artiste alors je ne me fatigue pas, moi...
Quand Mr Kejik rentre et me trouve sur un jeux flash parce qu'après quinze pages d'écriture, j'ai besoin de me détendre un peu sur un truc con et qui ne demande pas beaucoup de neurones et que je me prends une tirade du genre "Et qu'est ce que t'as fait aujourd'hui, à part jouer à des jeux débiles ?"... Ah ben mille excuses ô bosseur si important, j'ai juste fait la vaisselle, préparé à manger, étendu le linge, remis une machine en route, sorti les poubelles et écrit toute l'après-midi... J'ai peut-être droit à une pause, non ?
Alors oui, j'ai l'opportunité de me lever à l'heure que je veux et de me coucher quand je veux... Mais après une bonne session d'écriture, je vous assure que la première chose que j'ai envie de faire c'est de dormir. Dormir et me lever tôt le lendemain, parce que j'ai toujours une tonne de choses à faire et que mon bouquin va pas s'écrire tout seul.
J'adore aussi les réflexions du genre : "Comment ça tu débranches le téléphone pour pouvoir bosser ? Ben c'est sympa, merci. Faut le dire qu'on te gêne !". Quand je travaille dans un bureau avec un patron et tout le tremblement, là par contre, ça vous embête pas de pas pouvoir m'appeler, hein... C'est normal, même. Après tout, faut bien que je justifie mon salaire...
Bref, merci à tous ceux qui me font sentir que dès qu'on part d'un travail conventionnel, on est tout de suite des branleurs...
Dans la réalité, voici comment ça se présente : je n'ai pas beaucoup d'amis et pour la plupart, ils sont aux quatre coins de la France, pas vraiment disponibles. Alors côté social, j'ai que le téléphone et une rare amie sur place qui bosse dur, elle. Forcément, après avoir passé ma journée seule à la maison à plancher, j'ai un minimum envie de papoter... Mais personne n'est vraiment dispo, n'est ce pas...? (Attendez, je rectifie une petite chose : j'ai quand même certaines amies qui sont géniales et toujours prêtes à répondre à mes coups de fil. Ne serait-ce que pour ça, merci les filles, vous au moins, vous êtes des gens bien) Après avoir accompli mes tâches ménagères, je m'occtroie de bonnes sessions d'écriture d'où je ressors éclatée, comme dit précédement, avec un mal de tronche que même les Nurofens ne font pas passer. J'accouche de mon bébé dans la sueur et la douleur. Vous vous rendez compte de la pression que ça veut dire ? Ca veut dire que je sors une histoire du fin fond de moi-même et qu'une fois qu'elle sera terminée, je vais m'exposer à la critique par des gens qui en ont rien à foutre des risques que j'ai pris... Qu'est ce que ça peut leur faire que je vis avec à peine 800 euros par mois et que si je ne suis pas publiée, j'ai de sérieuses remises en question à faire niveau professionnel ? Qu'est ce qu'ils en ont à branler que je peux très bien perdre mes droits assedic uniquement pour vivre mon rêve ?
Mais non, ça, personne ne le voie. Quand je me met subitement à pleurer parce que je suis crevée, que je me sens seule et que mon bébé, je le porte à bout de bras dans les flots et que j'ai peur, que mon ordinateur a planté me faisant perdre cinq pages irrécupérables ( j'ai bien un système de restauration et heureusement parce que qinon, c'était plus), que je me couche avec les yeux rouges et la tête qui cogne comme un marteau piqueur mais que le lendemain, on remet ça, quelqu'un en a quelque chose à cirer ? Ben non.
Dans "Ecriture", King (ô maître !) parle des nombreuses angoisses qu'un auteur peut avoir pendant son voyage... Ha ben oui, ça je les sens bien les angoisses...
Alors oui, j'ai choisi cette voie là et j'en suis fière. C'est dur mais au moins, j'ai le courage d'avancer. J'apprécie chaque moment du trip, même si le prix à payer me fait courber l'échine... Et pour tous ceux qui croient que c'est facile et peu contraignant, voici un message bien pensé : je vous emmerde.
Désolée pour ce coup de gueule, fallait que ça sorte.
Sinon, ça va bien, je garde courage et je continue à bosser dur. Le texte avance bien, bien qu'en dents de scie parce qu'il y a des moments où l'histoire peine un peu et que je n'arrive pas à m'y mettre mais sinon, j'en suis à peu près à la moitié. Ca m'épate parce que je me donnais trois mois mais je vois qu'en l'espace de trois semaines, j'ai fait 40% du boulot. (Ben oui, encore 40% pour écrire la fin et 20% pour placer mon texte et faire en sorte qu'il se vende...)
Je me prends déjà à rêver que ce sera un best-seller parce que si je commence à me dire que je ne serais pas publiée, je n'y arriverais pas... Et il est hors de question que je puisse donner raison à tous ces gens que j'adore mais qui me ruinent le moral parce que si à la fin, je ne suis pas publiée, je crois que je ne supporterais pas les réflexions "Je te l'avais bien dit" "Tu vas peut-être te mettre à bosser pour de vrai maintenant ?" et autres vacheries du genre... Au moins, ces critiques auront du bon : me donner la hargne d'y arriver !
Always look on the bright side of life...
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