Ménage 2

Publié le par Kejik

Février :
J'ai fêté mes 28 ans. Pour la première fois en sept ans, je n'ai rien dit autour de moi à ce propos et j'ai passé un de mes meilleurs anniversaires.
D'habitude, ça se finit toujours en dispute avec mon copain parce que j'attends de lui plus que ce qu'il ne peut donner.
Là, sans stress, nous sommes partis acheter du gâteau et de l'alcool ensemble, nous avons passé la soirée à regarder des films de zombies (de Romero, bien sûr) et ça a été tout simplement génial.
L'année prochaine, je remets ça : je ne préviendrais personne à l'avance, je prendrais juste pour du bonus ce qu'on me donnera d'attention.
Février a été aussi le tournant de la formation. Mon nemesys en classe, assis devant moi, m'a réellement pourri la vie. Jusqu'au point d'orgue où il a sorti à la cantonnade, alors qu'il aidait un collègue derrière moi : "Putain, c'est cool, quand on est assis derrière Kejik et qu'on se retourne, on voit pas sa sale gueule". Tout le monde a éclaté de rire.
Je suis rentrée chez moi en pleurs, j'en ai même fait une crise de nerfs.  Genre celle où on doit vous gifler pour que ça aille mieux. Sauf que personne n'a voulu me gifler, j'ai dû le faire moi-même.
Si vous n'avez jamais expériencé ce genre de truc (vous gifler vous-même), vous ne pouvez pas savoir à quel point c'est... je ne trouve pas les mots. C'est juste quelque chose qu'il ne faut pas faire...
Quand j'étais ado, mon père m'avait forcé à le faire parce que selon lui, si c'était lui qui le faisait (en sachant que j'avais fait une connerie, hein), il me dévisserait la tête. Dans ce cas là, on se sent moins que rien, on est juste une merde digne de rien...
Bref...
Juste pour dire que ce n'était pas une expérience nouvelle pour moi mais qu'au lieu que ce soit réducteur, je venais de fermer une boucle, je venais de me libérer de cet acte adolescent qui me pourrissait la vie... J'avais reproduit cet acte de façon délibérée et salvatrice.
J'ai décidé alors de prendre les choses en main, d'arrêter de me victimiser, de ne plus laisser qui que se soit me gonfler comme mon nemesys le faisait.
Ce que je dois ajouter à tout cela c'est que j'étais également en train de perdre une amie. Ma seule amie sur la région de mon âge avec qui je passais autrefois beaucoup de temps.
J'ai vécu la chose comme une rupture.
Au fond de moi, je me sentais seule, égarée, blessée. je n'avais rien à quoi me raccrocher.

Mars :
Module SQL.
J'ai adoré. Conception Merise, langage SQL-Serveur... Un régal.
De dernière de classe, je suis passée en tête. Les autres gars ne s'intéressaient absolument pas à ce module, moi j'étais dans mon élément.
Le prof de ce module est devenu mon prof préféré, un gars simple, secret, sans langue de pute, posé... Il m'a redonné confiance en moi.
Par dessus ça, je me suis rapprochée de mes vraies amies.
Comme je ne mangeais plus à midi au self, parce que je ne pouvais plus supporter les autres (et qu'ils me le rendaient bien), je me suis mise à bouquiner pendant mes pauses. Terry Pratchett, Stephen King, Robin Hobb, Lynn Flewelling... Je me suis régalée.
J'ai passé aussi pas mal de temps accrochée au téléphone et/ou à MSN.
Alda, la Gouss, Caroline, Miniklochette...
Je me suis rapidement rendue compte que j'avais délaissé des amies qui me manquaient, bien que elles, elles ne soient pas de ma région.
Elles, elles ne m'oubliaient pas, elles ont fait front commun autour de moi.
Je tiens à leur dire merci et combien je les aime.
En parrallèle, j'ai commencé une thérapie par kynésiologie chez une amie avec qui j'avais bossé. Ca m'a fait un bien énorme.
Et puis il y a eu une médiation entre mon nemesys et moi. Médiation qui a failli en venir aux mains... Consensus trouvé : nous devions nous ignorer jusqu'à la fin de la formation.

Publié dans La vie de Kejik

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Roanne 09/09/2009 18:41

C'est vraiment super que les filles (Alda, Gouss, Caroline, Miniklo) soient venues en renfort pour te soutenir ! Bon, à partir de là ça avait l'air d'aller un peu mieux.