Mysticisme

Publié le par Kejik

Hé bien pour la suite de hordes, elle n'est pas écrite, notre ville a mourru... Mais les auteurs et moi avons gardé le contact et espérons remettre le couvert bientôt.
Les idées qui ont fusées sont super intéressantes et je pense qu'il y a vraiment matière à bosser...
A suivre.

Sinon, pour les nouvelles de ma life... Il y a beaucoup à dire !

Tout d'abord, parlons livres :
- mon clavier d'ordi commence à être mort et j'ai bien du mal à taper correctement... La touche espace se barre en sucette et ne s'active que si je la tape d'un seul côté, certaines touches ne s'activent qu'avec une pression énorme dessus, d'autres collent... Il va falloir que je prenne mon courage à deux mains (ou à demain ? j'hésite) afin de nettoyer tout ça.
- suite à cet incident technique et certains commentaires de mon chéri (j'y reviendrais plus tard), je lâche un peu l'ordi pour me remettre à l'écriture à la main.
- Kejik va bien et recommence ses aventures dans un cadre tout à fait nouveau, absorbant d'autres textes. Mais je ferrais un article là-dessus.

Parlons blogs :
Avec 42 messages de blogs à visiter dans ma boite mail, j'ai du pain sur la planche pour tout rattraper... Faut vraiment que je m'y remette et que je me désinscrive de certains blogs. Zordar, ne t'inquiéte pas, ni Alda, ni Roanne, ni ma Klochette, ni Moklaomax vous restez là, vous... Mais Badstrip va certainement gicler...

Parlons "ma life" :
Hé bien nous y voici... Un truc très étrange m'est arrivé.
Par où commencer ?
Donc j'ai été virée de mon taf (ce qui se finit au 30 octobre)
S'en est ensuivi une longue dépression. Et pas des moindres. Il y a des fois où le monde semble s'écrouler sous vos pas. Je ne vais pas faire une liste exhaustive de tout ce qu'il s'est passé, ça serait ennuyeux au possible.
Quoi qu'il en soit, beaucoup de remise en questions sans réponses et une fuite de la réalité énorme. Soit je passais du temps sur l'ordinateur, sans être accessible à qui que ce soit, soit je me réfugiais sous la couette...
Mr Kejik en a eu assez et s'en est ensuivi une dispute du tonnerre.
Comme si j'avais besoin de ça...
D'ailleurs, pour tout avouer, je me suis disputée avec bon nombre de personnes. J'avais besoin de tendresse et de cocooning, on m'a plutôt botté le cul. J'ai donc refermé ma porte sur tout ce qui pouvait me causer du tourment.
La spirale descendante était plus qu'amorcée, j'avais des envies de suicides.
Mais ne vous inquiétez pas, ça va beaucoup mieux.
Bref, durant ces deux dernières semaines, on m'a mis dans la figure certaines vérités blessantes que j'ai fuit. Tout bonnement. Dans ma dévalorisation, ça n'a fait qu'alimenter ma pompe à "je suis qu'une merde, je l'ai toujours été, pourquoi ça changerait ?"
Et puis par dessus ça, j'ai remué le tas de boue qui s'envenimait contre mon père décédé.
Un père qui m'a fait beaucoup de mal et qui est mort trop tôt. Un père trop absent de ma vie. Quelque chose de long à expliquer mais qui se résume à ça : sans toi, qui suis je ? Pourquoi n'es tu pas là pour me protéger et m'aimer ?
Et c'est là où ça devient intéressant.
A savoir que dans mes emplois, s'il y avait une figure masculine autoritaire, j'ai toujours essayé (inconsciement ou non) à me réfugier sous son aile comme une figure paternelle. Dans le domaine pro, ça résulte en ceci : la figure masculine s'en rend compte au bout d'un moment, ou pas, et en abuse à outrance. Et moi, cherchant à me faire aimer plus que tout, j'obéissais servilement, en adoration... Quitte à me faire du mal.
Vendredi, Mr Kejik m'appelle au taf et me dit ceci : "J'ai vu une annonce dans le journal, super intéressant avec salaire motivant. C'est en hôtellerie, je te file le numéro..."
Je prends le numéro et le laisse dans mon sac. Après tout, il était clair que j'avais fait une croix définitive sur l'hôtellerie qui ne m'intéressait plus. De surcroît, je suis en train de m'orienter sur une nouvelle formation qui me sortirait de mon domaine d'activité (mais vous en saurez plus la semaine prochaine).
Donc aucune raison de m'intéresser plus que nécessaire...
A midi, en allant me chercher du miam, j'ai été tenté par une bouteille de cidre. Non, non, ce n'est pas anodin : je ne prends de l'alcool que pour fêter des événements marquants. Une intuition, peut-être ?
La soir, je rentre, ma bouteille de cidre sous le bras et à la maison, Mr Kejik commence à me harceler pour que j'appelle le numéro de l'offre d'emploi.
Exaspérée, je le fais.
Un vieux monsieur me répond. Un sens de l'humour extraordinaire. Quelque chose colle parfaitement entre nous.
Résultat, je lui envoie mon CV dans les dix minutes qui suivent et une demie heure après, j'étais en face de lui. (L'hôtel se trouvant à dix minutes de chez moi)
Et là... Mystique, je vous dis !
Imaginez vous un monsieur de la cinquantaine, fumeur, petit, imposant, colérique, genre le Parrain. Oui, oui, italien en plus.
Je n'ai pas le loisir de beaucoup parler, il m'interrompt du poing sur la table : "Kejik ! Arrête de parler comme une conne ! Je le vois bien que t'es intelligente alors parle moi comme la personne que tu es, pas comme à un employeur bidon !"
Décontenancée, je ne sais plus quoi dire. Mon numéro si bien rodé d'entretiens vient de tomber à l'eau.
Je reste un peu choquée mais pas du genre mauvais. Et là, il enchaine :
"Tu es d'une compléxité paradoxale énorme : d'un côté, tu es agressive afin de te protéger du monde. Tes bras sont fermés parce que tu ne veux plus souffrir. Et d'un autre, tu as un coeur énorme, prêt à embrasser le monde. Tu ferais n'importe quoi pour qu'on t'aime. La notion de service n'est pas une notion pour toi mais ta vie entière. Et en plus de ça, la seule raison pourquoi tu travailles, c'est pour faire bouillir ta marmite. En réalité, tu n'es pas une carriériste mais une Maman. Et si tu fais pas de gosses d'ici peu, je te jure que je te retrouve pour te mettre une claque : t'as intérêt de faire des gosses ! C'est ça ta vie ! Et t'as pas intérêt de te louper ! Et s'il faut que je te file le fric pour que ça se fasse, crois moi, je ferais tout mon possible pour que ça arrive."
Moi, j'ai les lèvres qui tremblent, j'ai envie de pleurer. Mais pas de tristesse mais de soulagement : comment a-t-il su alors que nous ne nous parlions que depuis cinq minutes ? Il est fort, très fort. Et il parle exactement comme mon père défunt. Les mêmes intonations. Les mêmes expressions... Je ne sais plus qui j'ai en face de moi.
Il reprend une voix douce, se frotte souvent le front, comme si quelque chose lui parlait par dessus sa personnalité.
Là, il s'enquiert de Maman. De sa vie. Est elle heureuse ?
Je lui réponds. Il a l'air soulagé.
Puis il se léve, me prends dans ses bras et me fait une bise si chaleureuse que j'ai cru que j'allais m'éffondrer.
" Tu sais, Kejik, je n'ai que des fils et je n'ai jamais ressenti ça auparavant : j'ai un sentiment d'amour paternel pour toi. Il y a des chances dans la vie qu'il faut savoir prendre : tu étais là, je l'étais aussi alors que c'est rare que je sois à l'hôtel... Pour le reste, on s'arrangera. mais saisis ta chance"
Heuuuu... C'est toujours un entretien d'embauche, là ? Ma raison essait de me faire des grands signes mais mes sentiments sont là aussi, faisant barrière. Lui, il le sait et me dit :
"Tu as besoin d'être en contrôle de tout pour avoir l'impression que tu ne pourras pas souffrir. Mais tu ne pourras jamais avoir le contrôle de la vie."
L'entretien a duré plus d'une heure. Le patron m'a parlé de philosophie auquel j'ai répondu. Il ne m'a pas laissée faire ma gamine de douze ans. Il a exigé de moi que je parle comme une femme de mon âge. Il n'a pas cédé à mes caprices, il a été un père. Un vrai.
Je suis sortie, rayonnante. Dans ma voiture, j'ai mis un certan temps avant de pouvoir démarrer et repartir.
A la maison, Mr Kejik a pété une durite : "Mais vous avez pas parlé du poste !? Ni du salaire !? Mais c'est quoi ce délire !?"
Selon lui, je me suis faite manipuler dans les grandes largeurs.
Mais il n'a rien compris.
Je vais refuser le poste : si je l'accepte, ce serait décréter officielement que je le reconnais comme un substitut de père et j'attendrais ses visites comme une âme en peine, me courbant pour satisfaire le moindre de ses caprices.
A la place, je vais saisir la chance qu'il ma donnée.
Enfin, j'ai fait la paix avec Richard, mon père. Je suis sa fille et je porte avec fierté l'amour qu'il m'a porté maladroitement. De nombreux souvenirs sont revenus à la surface le concernant. Ceux où il m'a témoigné de l'amour paternel. Cela ne fait pas de lui une icone intouchable. Il était humain avant tout. Mais il est revenu le temps d'un instant pour que nous fassions la paix, pour que je sache que même ailleurs, il veille toujours sur moi. Nos âmes se sont parlées.
Je peux enfin faire mon deuil, presque quinze après.
Je n'ai plus besoin de satisfaire des figures masculines autoritaires. C'est fini. Je peux enfin m'élancer dans la vie avec la certitude de qui je suis.
Je suis libre, enfin.
Quand mon père est décédé, juste avant, nous avons eu l'opportunité de nous parler alors que nous ne l'avions pas fait depuis deux ans. Il m'a dit quelque chose qui m'a marqué : "je ne te laisserais pas divaguer dans ta vie, jeune fille. Je te secouerais dès que tu en auras besoin".
Une fois, alors qu'il était incinéré et ses cendres étaient dispersés dans la mer, il avait réveillé ma mère au milieu de la nuit parce que j'avais besoin d'elle. J'étais en Angleterre, il était presque minuit, je venais de m'engueuler avec ma grand mère et je voulais revenir en France par le premier avion. J'ai appelé ma mère, tout en sachant qu'elle n'entendrait pas le téléphone. Sujette aux acouphènes, une fois qu'elle est couchée, elle n'entend plus rien. Mais là, elle a répondu. Plus tard, elle m'a expliqué : mon père était au pied du lit et tirait sur la couette pour qu'elle se réveille. Ca la faisait rire. Et puis il lui a carrément enlevé les couvertures en lui criant : ta fille a BESOIN de toi !
Et elle a entendu le téléphone...
Et aujourd'hui, alors que j'avais vraiment besoin de lui, il a été là à nouveau.
Mystique...

Alors maintenant, on peut y croire ou non. Moi, j'y étais. Et je sais.

J'ai levé mon verre de cidre en l'honneur de mon père. Merci Richard. Je peux enfin t'appeler Père alors que je ne l'ai jamais fait avant.
Je peux enfin travailler sereinement en sachant qu'il y aura des hauts et des bas mais que je ne serais plus jamais la victime de mon amour meurtri.
Et je peux enfin lâcher prise sur le contrôle. Je n'en ai tout simplement plus besoin.

Alors pour le refus, je dois le faire lundi. Mais je ne m'inquiète pas. Si le monsieur ne comprends pas, ce n'est pas grave. Parce que je sais qu'il comprendra tout de même. Il saura que je lui porte un amour filliale et que c'est destructeur. Ou alors, il saura qu'il s'est passé un truc qui va au delà des mots. Peut-être même qu'il n'aura pas compris ce qu'il s'est passé ce vendredi dernier et qu'il se dira que tout ça a été complétement fou.
Il me dira : "tu me fais chier, tu m'emmerdes" comme il a dit plusieurs fos dans la soirée mais sans méchanceté. Parce qu'il m'a parlé avec douceur et gentillesse derrière la rugosité des mots.
Comme mon père.

Et après tout, s'il ma manipulé, quelle importance ?
Il m'a sauvée. C'est tout ce qui importe.

Publié dans La vie de Kejik

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Commenter cet article

Koulou 31/10/2008 20:48

Mince ! je viens de découvrir la taverne des 3 petits trolls grace à tes leins, je me régale ! hp dans mes liens ! merci tata Kejiiik ! :0010:

zordar 31/10/2008 12:16

C'est une rencontre étonnante en effet.Parfois il se passe des choses qu'on ne comprend pas mais si c'est pour découvrir une nouvelle Kejik plus apaisée, c'est tant mieux !

moklaomax 31/10/2008 04:46

J'ai adoré cette histoire....Pourquoi????Parce que, je l'ai vécu avec un vieux Arménien. Qui soit disant, m'a exprimé la Vie.Qui soit disant, m'a montré le chemin.Qui soit disant, m'a exprimé son chagrin.Mais que nenni, c'est moi qui avais des yeux.Lui était trop vieux, avait trop d'expérience...Que nenni, du vent et des bleus...Du vent et des yeux...Comprendre et disparaître...Ne plus jamais, paraître...Devant lui, devant rien...Devant les autres, pour un meilleur autre..Sorry, pour ma tartine que personne ne devine.  

Eussé 26/10/2008 09:09

Mystique... en effet...

Sandy 20/10/2008 20:03

euhh ... bin.... ouah... suis scotchée là du coup.... boufff ;-)))